Museon Arlaten : Le musée

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Ensemble de correspondance de cinquante cinq personnalités reçue par A.B. Crousillat (1813-1899)

Ensemble de correspondance de cinquante cinq personnalités reçue par A.B. Crousillat (1813-1899)

Copyright

CD13 - Coll. Museon Arlaten. Copyright : Sébastien Normand

Description longue

Cette correspondance fait partie d'un ensemble plus large, mis en vente par les héritiers eux-mêmes, comportant les manuscrits, les publications (dans leurs divers états) et la correspondance passive du Félibre salonais Antoine-Blaise Crousillat.

Ce fonds, quoique compulsé par certains Félibres contemporains et certains chercheurs universitaires, n'a pas fait l'objet d'une étude spécifique. Il éclaire, cependant, la vie et l'oeuvre de cet auteur local de langue d'oc et lui redonne toute sa place dans la création du Félibrige.

Issu d'une famille modeste d'artisants ciergiers, Antoine-Blaise Croussillat poursuit de solides études au grand séminaire d'Aix-en-Provence, ce qui lui donnera une aisance remaquable en latin, mais il doit reprendre la fabrique familiale. Parallèlement, il s'adonne à l'écriture et se situe au coeur du réseau de ces jeunes auteurs revendiquant le droit d'écrire en langue régionale. Il se consacre à la poésie et participe à la publication de revues en idiome local, notamment la "Bouï-abaisso", "l'Armana prouvençau" et "Lou gay saber".

Il joue un rôle important lors des deux congrès des poètes provençaux tenus en 1852 à Arles et l'année suivante à Aix-en-Provence et qui préfigurent les orientations félibréennes. D'ailleurs, selon certains auteurs, notamment Francois Dellile, il en serait l'un des pères fondateurs, même s'il semble avoir été absent à Fontsegugne lors de la St Estelle de 1854, qui vit éclore l'Académie littéraire de langue d'oc.

Malgré son implication et son rôle dans la rénovation de la langue d'oc, la carrière littéraire d'Antoine-Blaise Crousillat se révèle assez restreinte. Elle se développera entre 1864, date de la parution de son premier ouvrage "la Bresco" c'est-à-dire "le rayon de miel", et 1893, date de parution de "l'Eissame" c'est-à-dire "l'Essaim". Il tient cependant une place majeure dans le renouvellement de la graphie d'oc et apporte son aide fidèle, à partir de 1848, à Frédéric Mistral dans son travail de lexicographie (notamment dans la rédaction du "Trésor du Félibrige", dans lequel le salonais est régulièrement cité). Il participe aux débats linguistiques, fréquents et constructifs avec Aubanel, Roumanille, Giera, Tavan, Brunet, Garcin et Frédéric Mistral et il joue donc un rôle marquant dans le Midi à partir de 1848.

La famille d'Antoine-Blaise Crousillat a conservé jusqu'à aujourd'hui sa correspondance passive, riche de 179 lettres écrites par 55 personnalités entre 1851 et 1899, qui se révèle particulièrement précieuse dans la correspondance du premier Félibrige.

Ces courriers sont particulièrement pertinents sur les questions linguistiques qui vont fonder l'affirmation culturelle du Midi au XIXe siècle. Les chercheurs universitaires, qui ont eu accès à cette correspondance privée, grâce à la générosité de l'arrière petit neveu de Crousillat, en ont montré l'intérêt (par exemple : Claude Mauron, "Frédéric Mistral", Fayard, 1992). Une partie de cette correspondance à même fait l'objet d'une édition par Christian Dubost-Crousillat en 2006, aux Editions Lacour à Nîmes.

L'ensemble des missives reçues était conservé dans sa boîte de bois d'origine recouverte de papier dominoté. Les documents ont été dépoussiérés, sont conservés dans le respect du classement établi par Antoine-Blaise Crousillat, par correspondants.

Une partie de ces lettres, particulièrement pertinentes sur les questions linguistiques qui vont fonder l’affirmation culturelle du Midi au XIXème siècle, sont aujourd’hui consultables sur internet grâce à leur mise en ligne récente sur la base de données des collections développée par le Museon Arlaten. L’ensemble du fonds est consultable au Cerco du Museon Arlaten, uniquement sur rendez-vous au 04 13 31 51 99.