Museon Arlaten : Le musée

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Arlésienne à la Vénus

Arlésienne à la Vénus

Copyright

Augustin Dumas (1800-1870)
Vers 1860
Huile sur toile
95 x 77 cm
Inv. 2002.0.1493

Description longue

Peintre d’histoire, Augustin Dumas succède en 1856 à François Huard à la tête de l’école gratuite de dessin de la ville d’Arles. Il est réputé pour sa production de portraits, dont il semble se faire une spécialité. Celui-ci représente une jeune fille dont l’identité est aujourd’hui inconnue. Elle porte le costume traditionnel de l’époque en pays d’Arles. Il est constitué d’un corsage à manches pagodes et d’une jupe à crinoline conformes aux canons de la mode parisienne. S’ajoutent des éléments de mode régionale : une coiffe dont le ruban est fixé autour d’un peigne retenant la chevelure sur le sommet de la tête, et des châles plissés superposés par des épingles et croisés au niveau de la taille.
La présence près du portrait en buste d’une reproduction miniature de la Vénus d’Arles, que la jeune fille effleure de la main, suggère des liens entre cette arlésienne assimilée à un archétype et une histoire locale glorieuse. En effet, cette sculpture monumentale datée d’environ 360 après JC a été retrouvée durant les fouilles du théâtre d’Arles en 1651 par le Frère Brun. Exposée à Arles pendant trente ans, elle est ensuite offerte à Louis XIV pour décorer la galerie des Glaces du palais de Versailles. François Girardon, sculpteur du roi, la dote de bras et de ses attributs : la pomme dans la main droite et le miroir dans la gauche, faisant référence à la victoire remportée par la déesse lors du Jugement de Pâris. La statue est aujourd’hui conservée au musée du Louvre.
Après sa découverte, elle est érigée en emblème de la beauté des Arlésiennes. Au XIXe siècle en effet, bon nombre d’artistes contribuent au mythe d’une filiation entre Arles et la Grèce antique, personnalisée à travers l’image de la femme : « Les femmes d’Arles sont en quelque sorte les Athéniennes de la Provence », affirmait par exemple le poète Jules Canonge en 1841. En représentant la Vénus d’Arles, le peintre s’inscrit dans cette tradition et donne à ce portrait une signification élargie.
Cinq autres portraits réalisés par Augustin Dumas sont aujourd’hui conservés dans les collections du Museon Arlaten.