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Armoire de mariage

Armoire de mariage

Copyright

Fabriquée à Tarascon, vers 1801-1825
Noyer blond chantourné, fer forgé
H 266 cm x L 150 cm x P 64 cm
Inv. 2002.0.2511
Acquisition à l’aide du FRAM PACA en 1994

Description longue

Magnifique exemplaire de l'ébénisterie du pays d'Arles, cette armoire est réalisée en noyer blond et se distingue par ses proportions et l'équilibre de son architecture. Ces qualités répondent parfaitement au schéma classique de l'armoire de mariage apportée en dot par la jeune épousée et souvent commandée dès sa naissance.
Le haut de l'armoire est couronné en léger « chapeau de gendarme », les panneaux sont contournés d'un motif creusé à la gouge, les deux portes sont séparées d'un trumeau lié au dormant, la traverse inférieure est chantournée, les pieds galbés se terminent en volutes. Les portes sont fixées par des charnières métalliques à boules godronnées et décorées de trois entrées de serrures.
L'intérêt de cette armoire réside dans son décor sculpté particulièrement élaboré et riche d'une symbolique relative au mariage, à l'amour et à la fécondité, dont les motifs sont empruntés au répertoire de la grammaire décorative du XVIIIe siècle et adaptés à l'identité régionale du pays d'Arles. L'organisation du décor sculpté, qu'il soit vertical ou horizontal, répond toujours à une répartition tripartite. Ainsi le trumeau s'organise en symétrie d'un médaillon bordé d'un grènetis renfermant le monogramme de l'épousée : les motifs de part et d'autre évoquent successivement les prémices du mariage, la prospérité et la fécondité. Au centre de la traverse basse, un ensemble instrumental se compose d'une partition de musique dont les notes sont lisibles, d'une lyre, d'un cor, d'un hautbois et d'une thyrse, emblème de Dionysos. Les montants latéraux reprennent les motifs du trumeau en y ajoutant un caducée qui introduit l'identité du futur époux, un pharmacien de Tarascon.
Ainsi, hormis ses qualités esthétiques et techniques, cette armoire a l'avantage non négligeable d'être parfaitement documentée et célèbre le mariage à Tarascon de Jean-Baptiste Riffard et de Marie-Madeleine Monge, au début du XIXe siècle.