Museon Arlaten : Le musée

Zoom sur les collections

   

Crèche

Crèche vitrée

Copyright

1776-1800
Bois mouluré et sculpté, or, fibre végétale, papier, verre, coquille, mie de pain, fil de métal, miroir, paille de céréale
48, 5 x 59, 6 x 37 cm
Inv. 2002.0.1367
Legs Pauline Véran, 1944

Description longue

Le mot « crèche » vient de l'allemand « krippe » et fait référence à la mangeoire qui servit de berceau improvisé au Christ, selon l'Evangile de Luc. D'abord réservée à l'église, la crèche est réalisée à l'aide de personnages sculptés et habillés et sert de support aux pratiques religieuses individuelles ou collectives du clergé et des fidèles. Peu à peu, la crèche devient familiale. Ainsi, dans les foyers aisés, de petites niches (boîtes vitrées sur le devant avec baguette d’encadrement) renferment une Nativité faite de personnages en verre filé à Nevers dans un décor de rocaille en papier froissé.
Le Museon Arlaten conserve une importante collection de crèches vitrées. La plupart montrent un ou plusieurs épisodes de la vie de Jésus (Nativité, Fuite en Egypte, Crucifixion) mis en scène dans un paysage oriental ou régional.
Ici, autour de la Sainte Famille, toute une série de personnages en costumes du XVIIIe siècle assiste à l'arrivée des Rois Mages. Végétaux, animaux, architecture, minutieusement détaillés, sont faits de divers matériaux souvent modestes comme le papier ou la mie de pain.
Ces crèches ou belèn en provençal, du nom de la ville de Bethléem, sont parfois confectionnées par la famille mais le plus souvent elles ont été réalisées, en particulier à la fin du XVIII e siècle, par les religieuses, notamment les Carmélites, les Augustines des couvents du Midi de la France.
La Provence s'inscrit donc en bonne place parmi les centres de diffusion du culte de l'Enfant Jésus.
Dans le sillage de la Contre-Réforme catholique, la spiritualité et la dévotion à la Nativité se développent et font du XVIIe siècle « le siècle de l'Enfant Jésus ». En ce sens, les crèches constituent l'aspect le plus particulier de l'iconographie de la Nativité et des débuts de la vie de Jésus.
Ce sont vraisemblablement les Oratoriens (congrégation enseignante) qui introduisent la crèche familiale à Aix-en-Provence et à Marseille vers 1644-1650 afin d'encourager cette dévotion à l'Enfant Jésus.
Au cours du XIXe siècle, la crèche vitrée est progressivement abandonnée au profit du santon d'argile qui permet à chaque période calendale de « faire la crèche » et de renouveler le décor.