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Procession des Pénitents blancs

Procession des Pénitents blancs

Copyright

Pierre Grivolas (1823-1905)
Signé et daté 1865
Huile sur toile ; 122 x 171 cm
Inv.2003.25.1

Description longue

Cette procession de Pénitents blancs, vraisemblablement lors de la Fête Dieu à Avignon, s'inscrit dans les pratiques populaires religieuses postridentines très répandues dans le Midi de la France à la fin du XIXe siècle. Dans l’Ancien Régime, les confréries de pénitents, dont la couleur du vêtement varie parfois dans une même localité, regroupaient des hommes pour assurer collectivement les rites funéraires ou animer offices et processions. Conformément aux usages de la deuxième moitié du XIXe siècle, les pénitents défilent indifféremment en cagoule et à visage découvert, cierges à la main ou cannes d'argent surmontées du Sacré-cœur, tout en encadrant deux enfants représentant Jean-Baptiste avec un agneau et Marie-Madeleine, repentante de la Sainte-Baume, cheveux dénoués. Au second plan, ils portent, selon la description de Frédéric Mistral : "les uns des tabernacles portatifs... d'autres des brûle-parfums, ceux-ci un oeil énorme dans un triangle, ceux-là un grand serpent entortillé autour d'un arbre" (Mémoires et Récits, chapitre IV, p105). Par ailleurs, les spectateurs présentent un intérêt majeur en matière d'histoire du costume populaire régional : paysanne à la coiffe dite catalane, largement répandue dans le Comtat Venaissin, allaitant son enfant emmailloté dans une indienne chaffarcani, citadines à la mode parisienne (jupe en crinoline, sautoir de jais et petit calot), témoignant de l'abandon progressif, au cours du second Empire, de la mode régionale par les bourgeois, femmes en costume d'Arlésienne dont les coiffes rendent compte des évolutions vestimentaires récentes (coiffe large à ruban enroulé pour les plus âgées, à peigne dégageant des bandeaux de cheveux pour les plus jeunes).