Museon Arlaten : Le musée

Zoom sur les collections

   

Façon arlésienne et mannequinage

Façon arlésienne et mannequinage

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Mannequinage pour prises de vues 3D. CD13 - Coll. Museon Arlaten © Jean-Luc MABY

Description longue

Façon arlésienne et mannequinage

Afin de pointer dans le futur parcours l’évolution de la vêture traditionnelle arlésienne de la fin du XVIIIe aux années 1960, le musée réalise une campagne photographique de costumes mannequinés mettant en valeur une image renouvelée du corps en 1790, en 1845 et en 1960. Le choix des ces périodes s’est fait en fonction de l’évolution des manières de se vêtir en pays d’Arles et des collections présentes dans les réserves du musée, en nombre suffisant, en bon état de conservation, et bien documentées.
 
Les tenues ainsi restituées composent une proposition, parmi d’autres, d’assemblage de pièces textiles d’une même époque. Elles s’articulent sur une iconographie précise. Seul le costume des années 1960 provient d’une même garde-robe, celle de la poétesse Irène Fouassier (1912-1994). La tenue du XVIIIe a été calquée sur l’iconographie d’Antoine Raspal (1738-1811) dont le musée conserve un important carnet. Celle de 1845 a été conçue à l’aide de l’œuvre de Jules Salles (1814-1898) ainsi que du tableau « L’Arlésienne » d’Alexandre Hesse (1806-1879).
 
Au-delà de l’exigence historique, le mannequinage au musée consiste aussi à adapter le support au vêtement conservé qui devient, dès lors, archive et témoin d’une morphologie féminine souvent oubliée. Il implique de relever les mesures exactes de chaque pièce, d’en respecter le tomber et les spécificités, d’adapter des bustes préformés voire d’en créer sur mesure, de concevoir et coudre les jupons supports renvoyant à une conservation préventive exigeante, d’adapter des bras amovibles pour éviter les tensions dommageables lors de l’habillage, et de prendre toutes les précautions dans la manipulation de vêtements souvent usés. Un parti pris minimaliste a été retenu pour le choix du mannequin : les têtes volontairement stylisées ont été coiffées après assemblage de mèches de laine mérinos couleur neutre, s’effaçant au profit des costumes présentés.
 
Ce chantier a été mené par l’équipe Collection/ Conservation (C. Auzillon, M. Four et A-M. Quié) et accompagné par des spécialistes du textile, Patricia Dal Prà et Carmen Lucini. Extrêmement formateur pour l’équipe, il préfigure la phase de remontage des collections textiles dans le musée rénové.