Museon Arlaten : Le musée

Zoom sur les collections

   

Cellule de carmélite miniature installée dans un ¿uf d’oie

Copyright

Second Empire
Coquille d’œuf évidée avec collage de papier gaufré, textiles, balsa
H 11 cm x Diam 5,5 cm
Inv. 2010.16.6

Description longue

Cet œuf d’oie évidé abrite la cellule de la carmélite, lieu d’expérience intime et de la solitude de la religieuse cloitrée. Y sont représentés, en trois dimensions, la religieuse elle-même portant guimpe blanche, scapulaire, tunique ; elle est assise devant le lit et la chaise meublant sa cellule. Elle lit son livre de prière. Aux murs sont accrochés un crucifix servant d’accroche à rameau béni, un bénitier, et une image du Christ souffrant. Ce type d’image mentionnée par Thérèse d’Avila dans le « Chemin de la perfection » servait à « élever son cœur à Dieu » et atteste la véracité scrupuleuse de cette reconstitution.

Si l’on se réfère à d’autres exemplaires conservés dans des collections publiques (notamment Musée d’Art Sacré Pont Saint Esprit), cet objet date du Second Empire. La datation souvent difficile de ce type d’objet est, dans ce cas, rendue plus aisée. La facture de cet objet réalisé volontairement avec des matériaux de peu de valeur (coquille d’œuf d’oie, papier doré gaufré, chutes de velours, textiles divers etc…) permet de rapprocher cet œuf de la production du Carmel d’Avignon fondé en 1627.

Dans cet ordre contemplatif introduit en France dès 1452, réformé un siècle plus tard par Thérèse d’Avila, la journée de la religieuse cloitrée qui a renoncé au monde, était scandée par une succession de moments consacrés à la prière, à la méditation, aux travaux manuels (travaux domestiques liés à la vie communautaire ou à la réalisation de petits objets de piété etc…). Ces travaux manuels assimilés à une prière étaient destinés à être diffusés hors du couvent, auprès des familles, des religieuses ou des bienfaiteurs à qui ils étaient offerts ou vendus.

Le Museon Arlaten conserve depuis sa création en 1896 une collection importante des boîtes vitrées représentant les cellules de Carmélites ou d’Augustines etc. dans la section consacrée à la piété populaire ; mais il ne disposait que deux coquilles d’œuf abritant une cellule mal datées, acquises en 1936. L’une d’entre elle représente une carmélite en prière, l’autre fort abimée lors d’un transfert de collections en 2007, dont la restauration s’annonce fort délicate eu égard aux matériaux constitutifs.
L’acquisition de ce travail de couvent permettrait de réunir une série cohérente de représentations du rythme journalier des moniales cloitrées, et enrichirait cette série déjà significative des cellules de religieuses d’un exemplaire plus singulier (coquille d’œuf d’oie) jusque là absent.

Cette acquisition, tout en donnant une cohérence typologique à la collection existante, permettrait aussi d’expliciter les pratiques religieuses populaires qui s’exercent à partir des travaux de couvent, hors de la clôture, dans les familles des moniales.