Museon Arlaten : Le musée

Zoom sur les collections

   

A Londres, les collections du Museon Arlaten à l'honneur

Exposition Barbican

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Michael Bowles / Getty Images

Description longue

Le Museon Arlaten a répondu favorablement aux demandes de prêt des organisateurs de l’exposition « The Vulgar, Fashion redefined », organisée au Barbican Center de Londres jusqu’au 5 février. En posant un nouveau regard sur l’histoire de la mode, cette manifestation very british offre une occasion rêvée de mettre en valeur la richesse de nos collections.

Les trésors du musée dont Frédéric Mistral a doté la Provence continuent à voyager et, cet automne, c’est Londres qui interroge « the traditional dress of the Arlesienne ». L’exposition, présentée jusqu’au 5 février à la Barbican Art Gallery, s’appelle « The Vulgar ». Mais pas de contresens : nos amis britanniques y entendent célébrer, en brassant presque toute l’histoire de la mode, les noces entre la créativité populaire et la haute couture. Ici, le « vulgaire », c’est à dire bien souvent le « commun », issu de « la plèbe », est interrogé avec respect. Au Barbican, Saint-Laurent, Dior, Chanel, Galliano, Lagerfeld, Mc Queen, Mc Laren, Westwood ou Murakami sont, entre autres, resitués chacun dans leur contexte culturel, leurs sources d’inspiration. Les pièces prêtées par le Museon Arlaten sont exposées dans la section réservée à Christian Lacroix : un costume féminin populaire de 1790 composé d’un droulet, d’une jupe, d’un corps souple, d’un plechoun et d’une coiffe en veleto ; un costume féminin populaire de 1830 composé d’une jupe, d’un corsage, d’un fichu et d’une coiffe en ruban, et enfin une cape à la polonaise réalisée vers 1800. Ces prêtspermettent d’éclairer d’un jour nouveau (pour qui ne connait pas l’histoire) l’œuvre du créateur arlésien dont la Maison de couture, qu’il ne dirige plus, soufflera trente bougies en 2017.
Ruban et fichu
Les arts et traditions populaires, issus de la rue comme de la campagne, parfois jugés avec quelque condescendance, peuvent tout à coup devenir furieusement « tendance ». « Les gens qualifient de vulgaire ce qu’ils n’ont pas encore pris le temps de découvrir » souligne Judith Clark, l’une des commissaires de l’exposition, universitaire et historienne de la mode. Ainsi, « la vulgarité révèle le scandale de ce que l’on appelle le bon goût » renchérit son comparse, l’écrivain et psychanalyste Adam Phillips. Une remarque et un questionnement so british… qui soulignent cependant le riche alliage entre traditions et « complexes savoir-faire locaux » des costumes arlésiens autrefois populaires.
Rituels
C’est en fait un double hommage, au « style arlésien » comme au Museon Arlaten, qui est rendu à travers cette exposition. Notre institution se voit reconnue une nouvelle fois dans son rôle historique de repère et de référence. « En parcourant le Museon, les femmes consultaient des panneaux illustrés qui retraçaient l'évolution de la tenue vestimentaire et offraient des instructions détaillées sur la façon de plier le fichu et de draper le châle extérieur. Lacroix, enfant, visitait lui aussi rituellement le Museon Arlaten chaque jeudi» souligne le catalogue de l’exposition, un beau livre de 250 pages, très richement illustré. Les conservateurs londoniens se sont chargés, sur place, du mannequinage.
Visibilité maximale
L’Art Gallery est une composante du Barbican Center, installé au cœur d’un ensemble architectural particulièrement original et qui se définit comme «  le premier pôle culturel d’Europe ». Le Barbican, qui a passé des accords avec une vingtaine de centres du même ordre, de New York à Pékin en passant par Johannesburg et Sydney, propose tout à la fois des concerts, des pièces de théâtre, du cinéma, des expositions. Il héberge une bibliothèque et deux orchestres symphoniques. Avec ce type de partenariat, au cœur de cette « ville-monde » qu’est Londres, le Museon Arlaten donne une visibilité particulièrement forte à ces riches collections.
 
Plus d’informations sur l’exposition, cliquez ici
A lire : « The Vulgar : Fashion redefined », sous la direction de Jane Alison, 256 pages, Koenig Books (2016). En anglais seulement.