Museon Arlaten : Le musée

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Recherches en cours

La bouvine

Abrivado, peinture à l’huile sur papier d’Antoine Galle, 1865 (collection Museon Arlaten)Vingt ans après l’important travail d’enquête qui donna lieu à l’édition de L’homme et le taureau, l’association Clair de Terre réactualise, à la demande du Museon Arlaten, les connaissances sur l’univers de la bouvine*.

 Depuis l’été 2011, Anaïs Vaillant côtoie les bénévoles et professionnels qui animent le milieu de l’élevage du taureau en Camargue. Du pâturage à l'abattoir en passant par les jeux taurins dans les arènes et les rues des villages, elle suit au plus près les travaux saisonniers de ce qui reste avant tout une activité agricole et économique à part entière, mais qui bénéficie d’une visibilité toute particulière à l’occasion des mises en scènes des traditions qu’elle véhicule .  Figurine Starlux© de gardian à cheval (collection Museon Arlaten)

Ce travail de terrain permet également d’explorer certaines pratiques et événements régionaux sous un angle culturel et identitaire : la mise en place d'une charte sur le vêtement de gardian, la création d'une AOC "taureau de Camargue", la demande d’inscription de la course camarguaise sur la liste UNESCO du patrimoine culturel immatériel de l'humanité… sont autant de signes d’une identité et d’appartenances culturelles en train de se recomposer, et se donnant à voir sur un mode folklorique.

    * Bouvine  : ensemble des activités agricoles et des pratiques sportives et culturelles, en lien avec l'élevage du taureau camarguais.


Les Gitans sédentaires d’Arles

Famille Gazia, tirage photographique, années 1960 (collection particulière)Les groupes Tsiganes*, dont la présence est attestée en Provence depuis le XVe siècle, entretiennent avec le territoire d’Arles des relations contrastées. Si le pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer continue à rassembler,  tous les 24 mai, un millier de caravanes de gitans catholiques venus de la France entière pour célébrer les reliques de Sara « l’Egyptienne » découvertes en 1448, l’histoire locale de cette communauté est également marquée par la mémoire tragique du Camp de Saliers, qui servit à l’internement des « nomades » durant la Seconde Guerre mondiale.
Au Museon Arlaten, quelques portraits de « Bohémiens », et autres images anciennes du pèlerinage relatent des fragments de l’histoire de cette population. En 2002, le musée acquérait également un important fonds regroupant portraits photographiques et entretiens sonores réalisés par Mathieu Pernot auprès d’anciens prisonniers du camp de Saliers**.
Le Pèlerinage des Saintes-Maries de la Mer, image imprimée d'après une gravure d'Eugène Burnand, début du 20e siècle (collection Museon Arlaten)
Afin de compléter cette connaissance lacunaire, une enquête ethnographique a été lancée en 2010, qui s’intéresse à l’histoire et aux pratiques des familles gitanes arlésiennes, pour beaucoup sédentarisées depuis plusieurs générationsCe travail de long terme, entrepris par l’ethnologue Kristel Amellal, se fonde sur la construction d’une confiance réciproque, qui permettra de contourner à la fois les stéréotypes trop facilement assénés et la volonté de préserver une culture qui se définit parfois comme volontairement à la marge.
L’enquête est l’occasion de recueillir la parole d'une population mal connue, d’interroger les mémoires gitanes, mais également de mettre en évidencela singularité de parcours de vie, et de pratiques culturelles spécifiques.
*Tsiganes : terme générique désignant l’ensemble des peuples nomades ; il comprend également les Manouches, Sinti, Roms, etc. Originaires d’Inde, ces différents groupes ont acquis leurs singularités au cours des migrations. 
**Cf. Un camp pour les Bohémiens, éditions Actes Sud, 2001.
 

  Le film ethnographique au Museon

Match de balle au tambourin, Viols-le-Fort, avril 2012 / Capture d’écran tirée d’un film de Florie Martel, association Clair de Terre (fonds Museon Arlaten)Florie Martel, de l’association Clair de Terre, travaille depuis plus de trois ans en collaboration avec le service recherche du Museon Arlaten. Caméra au poing, elle multiplie les reportages documentant les collections du musée, témoignant des réinventions de pratiques ‘traditionnelles’ ou de manifestations collectives plus récentes. De la Cocarde d’or aux tournois de joute nautique, du ‘débarquement’ de la Tarasque à la féria d’Arles, des jeunes Mireieto aux sagneurs de Camargue, des lotos populaires au pèlerinage gitan des Saintes-Maries-de-la-Mer… ce sont des centaines d’heures de rushes* qui devront être sélectionnés, montés, puis intégrés aux dispositifs multimédia du futur musée.

* Ces matériaux sont consultables, sur rendez-vous, au Museon Arlaten.

 



Gitane tressant un panier d'osier, dessin de Léo Lelée.