Museon Arlaten : Le musée

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Frédéric Mistral

Né à Maillane le 8 septembre 1830 dans une famille de paysans aisés, Frédéric Mistral a consacré sa vie d’homme et son œuvre de poète à la sauvegarde des spécificités de la culture provençale et de la langue d’Oc.

Dans Mes origines, mémoires et récits (1906), il explique comment sa double vocation, provençale et poétique, lui est venue durant ses études de droit à Aix-en-Provence, de 1848 à 1851 et comment il prend la résolution : « de relever, de raviver en Provence le sentiment de race (...) ; d'émouvoir cette renaissance par la restauration de la langue naturelle et historique du pays (...) ; de rendre la vogue au provençal par le souffle et la flamme de la divine poésie ».

L’œuvre poétique de Frédéric Mistral ne peut être dissociée de l’action régionaliste, puisque lui-même conçoit ses poèmes comme des actes de défense de la culture provençale… Ainsi participe-t-il aux congrès d’Arles et d’Aix pour la rénovation de la langue d’Oc. Le 21 mai 1854, lors d’une réunion devenue légendaire au château de Font-Ségugne, il crée le Félibrige avec six de ses amis poètes : Joseph Roumanille, Paul Giéra, Théodore Aubanel, Alphonse Tavan, Anselme Mathieu et Jean-Gabriel Brunet.

Née du regain d'intérêt pour les cultures régionales, cette sorte d'académie littéraire a pour but de défendre et illustrer la langue provençale.

Doté de statuts en 1876, le Félibrige est animé par cinquante félibres majoraux réunis en un consistoire ayant à sa tête un capoulié, il est organisé par aires linguistiques des pays d'oc.
De nombreuses fêtes, notamment la Sainte-Estelle qui rappelle la date de création, et diverses publications, dont l'Armana prouvençau, marquent la vie de ce mouvement. L'œuvre de Frédéric Mistral aurait pu n’être que revendicative, mais son talent d’écrivain est unanimement reconnu, notamment grâce à Alphonse de Lamartine, qui contribue dès la parution de Mireio -  Mireille - en 1859 à faire connaître ce « nouvel Homère » qui chante la Provence.

Il crée par la suite notamment Calendal (1867),  Les Iles d’or (1875),  Nerte (1884), La Reine Jeanne (1890),  Le poème du Rhône (1897) et  Les Olivades (1912). Mais Frédéric Mistral contribue aussi à la rénovation de la langue en réalisant un dictionnaire encyclopédique provençal/français de référence dénommé Le Trésor du Félibrige en 1878.

Son œuvre littéraire aboutie, il consacre des années à la création d'un musée ethnographique, véritable « Panthéon de la Provence » : le Museon Arlaten, inauguré à Arles en 1899.  En 1904, il obtient le Prix Nobel de Littérature, ex-æquo avec l'Espagnol José Echegaray. Sa dotation lui permet le transfert des collections du Museon Arlaten dans un bâtiment plus vaste. A l'occasion de son inauguration, en 1909, toute une série de célébrations marque l'apothéose mistralienne : cinquantenaire de Mireille, statue érigée sur la place du Forum, Légion d'honneur, l'homme lui-même devient peu à peu l'objet d'un culte.

Au cours de ces mêmes années, Frédéric Mistral invente la Fèsto Vierginenco, organisée à partir de 1903 pour maintenir le port du costume traditionnel. Fête félibréenne, elle célèbre le costume régional, signe manifeste d'une appartenance culturelle, comme le Museon Arlaten et l'œuvre poétique valorisent le mode de vie singulier des Provençaux.

Il meurt le 25 mars 1914 à Maillane.



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Portrait de Frédéric Mistral