Museon Arlaten : Le musée

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Mécénes à l'oeuvre 1 - Fondation Total et Fondation du Patrimoine- "Sauvez Neptune"

          

     

Avec le soutien de la Fondation Total et de la Fondation du Patrimoine, la figure de proue représentant le dieu Neptune, pièce maîtresse des collections du Museon Arlaten et ornement bien connu de la Cour du musée, a bénéficié d’une restauration au long cours, de 2013 à 2015. 

 
Sculpture monumentale en bois polychrome, cette figure de proue représente le dieu antique le visage tourné face au vent, la barbe imposante, vêtu d’un drapé flottant, le front ceint d’une couronne dorée, le regard fixé sur l’horizon. Lorsque le musée était ouvert, le Neptune était exposé dans la Cour du musée, sous les arcades du préau, ce qui en faisait la première œuvre mise sous les yeux du visiteur à son arrivée. Imposante, magnifique, cette œuvre a marqué toute une génération de visiteurs et participe de l’imaginaire collectif qui entoure le Museon Arlaten. 
 
 Le temps retrouvé
Une opération de sauvetage et un travail de restauration d'urgence étaient nécessaires sur cette œuvre au passé riche en rebondissements.  Grâce au mécénat de la Fondation Total, relayé par la Fondation du patrimoine (50 000 euros), une équipe de sept restaurateurs hautement qualifiés conduite par Céline Aballéa a extrait la sculpture de sa gangue d’interventions anciennes aujourd'hui préjudiciables (recours à la brique, au mortier, au mastic…). Vint ensuite un patient travail de consolidation du bois. Il a fallu dé-restaurer (300 kg de gravats ont été extraits, une dizaine de couches de peinture ont été décomptées) pour mieux restaurer…  
Sans nécessairement percevoir ces aspects structurels, l’observateur constatera que les traits du visage, le drapé, la barbe ont retrouvé leur finesse d'origine.
 
Le Museon mène l’enquête
Mais d'ailleurs d'où vient-il ce colosse de bois à l'histoire manifestement mouvementée ? Car avant le Museon Arlaten, Neptune était passé du statut de figure de proue barrant aux quatre vents à celui de… buste décoratif. Arrivée au musée par l’intermédiaire de son ancien conservateur Fernand Benoit (1934-1944), suite à un don de Mme Révoil en 1938, la fière sculpture était en effet jusqu’alors exposée dans le jardin de la propriété de cette dernière, le Château de Servanes à Mouriès...  
Pendant le travail de restauration, le Museon Arlaten a justement entrepris de résoudre l’énigmatique parcours de ce héros des mers retrouvé en cale sèche au pied des Alpilles. Une hypothèse se dégage : un navire de ligne (deux ponts, 80 canons) construit à Lorient en 1810, ayant changé plusieurs fois de nom avant de devenir définitivement Neptune en 1815, pourrait bien avoir arboré fièrement cette sculpture à sa proue. Rattaché au port de Toulon en 1839, le navire effectue des missions du Levant aux côtes africaines. Désarmé en 1858, peut-être après une fortune de mer, le vaisseau achève sa carrière comme bagne flottant avant d’être démantelé entre 1868 et 1870. Au moment même où un certain Henri Révoil (on retrouve le château de Mouriès…), architecte diocésain de son état, supervise la construction de deux églises aux abords de l’Arsenal de Toulon.
De Lorient à Toulon, recherche en paternité
La pièce la plus convaincante du dossier est sans doute le dessin publié dans le Recueil de bustes et ornements pris sur l’avant des navires de guerre réalisé par Filipi quand ce dernier travaillait sous les ordres du maître-sculpteur du Port de Toulon Paul Bonnifay entre 1845 et 1872. La ressemblance entre le Neptune dessiné et le Neptune du Museon Arlaten est particulièrement frappante, sans apporter toutefois de preuve définitive.
Il reste aussi à identifier le sculpteur. Est-ce Joseph Louis Hubac (1776-1830), natif de Toulon mais travaillant au port de…Lorient dont il devint le maître-sculpteur avant de revenir finir sa carrière dans sa patrie d’origine ? Si la réalisation est un peu plus tardive, l’employeur toulonnais du dessinateur Filipi,  Bonnifay, pourrait avoir joué un rôle important dans la réalisation de la figure de proue.
Lequel, à la réouverture, retrouvera bien entendu la Cour du Museon Arlaten, décalé simplement de quelques mètres. Un voyage qui ne l’effraiera guère.
  
 
 

 



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Chantier Neptune