Museon Arlaten : Le musée

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Un parcours, des mises en scène

Le Museon Arlaten, que Frédéric Mistral définit comme un « poème en action », renvoie dès sa préfiguration à un passé proche, celui où les modes de vie traditionnels semblaient ne pas avoir subi de profondes mutations.

A partir de 1897, et grâce à l’aide d’Emile Marignan, Frédéric Mistral n’hésite pas à faire appel à des techniques muséographiques novatrices, capables de susciter l’admiration et de provoquer l’adhésion des visiteurs. « …c’est précisément par le retour vers le passé que nous pouvons agir sur les cœurs… » (lettre de Frédéric à R. Taillandier de 1884).
Dans un souci didactique, il privilégie notamment les présentations en panoplie de l’outillage agricole, les maquettes et réinterprète les dioramas déjà mis en œuvre lors des expositions universelles ou dans les musées scandinaves.
A l’ouverture du musée en 1899, puis, à partir de 1909 dans le bâtiment actuel, ce panorama étonnant de la Provence, élaboré dans des salles closes, devient une leçon de tradition et de régionalisme reçue avec enthousiasme par la population, la presse locale et nationale.

Après la disparition de Frédéric Mistral en 1914, le parcours muséographique du Museon Arlaten va surtout s’enrichir de « souvenirs mistraliens » regroupés dans une salle, véritable hommage au poète.

Il faut attendre Fernand Benoît (1892-1969), conservateur à partir de 1934, pour que le musée connaisse un nouveau souffle. Celui-ci propose en 1937 un « projet d’extension et de reclassement méthodique des collections du Museon Arlaten », qui doit respecter le dessein mistralien ; le doublement des collections impose alors l’aménagement du second étage du bâtiment, mais ne modifie pas de manière radicale le propos initial du musée. Cependant, Fernand Benoît inscrit la muséographie dans une chronologie plus rigoureuse, et l'enrichit de documents évoquant le contexte tout en restreignant le territoire du musée désormais à un pays d'Arles aux contours mal définis.

Archéologue de formation, Fernand Benoît s’attache à ponctuer les présentations d’objets médiévaux ou antiques afin de témoigner d’une continuité dans l’utilisation d’objets populaires. Dans les années 1940, la muséographie s’épure et s’accompagne d’un effort pédagogique par le biais de panneaux enrichis de photographies ou documents historiques. L’Histoire est alors convoquée pour étayer l’idéologie félibréenne, validée par les artisans du renouveau national. Instrumentalisés dans le cadre du programme culturel défini par le régime de Vichy, les objets ethnographiques se superposent désormais à l’histoire de la « petite patrie » dans laquelle ils ont été réalisés ou utilisés.
Après lui peu de changements interviendront dans les salles du premier étage ; en ce sens, le Museon Arlaten nous livre encore aujourd’hui le témoignage rare de la muséographie de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XX e siècle…

Le second étage, quant à lui, sera plus souvent remanié. La présentation actuelle remplace la didactique imaginée par Fernand Benoît, elle reflète l’influence des techniques muséographiques mises en place par Georges Henri Rivière (1897-1985) au Musée National des Arts et Traditions Populaires dans les années 1970 tout en limitant son propos aux sujets traités d'ethnographie folklorique.



Salle des meubles