Museon Arlaten : Le musée

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La collecte

Constituer une mémoire

Une fois les grands principes fondateurs du Museon Arlaten posés par Frédéric Mistral et Emile Marignan, la collecte des objets peut commencer. Le recours à l’ethnographie, s’impose.

Emile Marignan (1847-1937) est sollicité pour assurer la direction scientifique. Médecin qui étudie la préhistoire, le folklore, il a participé à la collecte des objets d’ethnographie de la section Provence/Languedoc des salles de France, ouvertes en 1884 au Musée National d’Ethnographie du Trocadéro.
Au début de 1896, Emile Marignan rédige un opuscule intitulé Instructions pour la récolte des objets d’ethnographie du pays arlésien pour réunir les collections de ce musée en gestation. Ce manuel de collecte présente une classification en huit groupes dans lesquels sont énumérées les familles d’objets à réunir :

I- Anthropologie physique,
II- Alimentation, Agriculture, Elevage des bestiaux, Chasse et Pêche,
III- Vie familiale, Mobilier, Habitation, Ustensiles d’économie domestique, Costumes, Bijoux, Jeux,
IV- Cultes, Cérémonies religieuses, Traditions populaires, Superstitions, Sorcellerie, Traces de paganisme, Cultes disparus,
V- Sciences, Arts,
VI- Industrie, Commerce,
VII- Vie sociale, Coutumes, Fêtes populaires,
VIII- Bibliographie, Iconographie

S’appuyant sur ce manuel, Frédéric Mistral, épaulé par un comité et grâce au concours de ses relations amicales et mondaines, des érudits locaux, des félibres, et d’une partie de la population locale, réunit plusieurs milliers d’objets. Ces premières collections sont gérées par Emile Marignan premier conservateur avec l’aide d’Honoré Dauphin.

Après la disparition du poète en 1914, les collections vont surtout s’enrichir de « souvenirs mistraliens », véritable corpus d’hommages à l’une des personnalités les plus marquantes de l’histoire littéraire et régionaliste de la Provence du XIXe siècle.
Sa veuve, Marie Mistral, préside le comité du Museon Arlaten et s’attache principalement à son fonctionnement.

Un nouveau projet

A partir de 1934, Fernand Benoît (1892-1969) archéologue et archiviste-paléographe est conservateur du musée. Il relance la collecte qui s’intéresse aussi à la vie en Provence à la fin des années 1930. En quelques années, sont rassemblés de très nombreux objets « d’arts et de traditions populaires » et des documents historiques. L’enrichissement extraordinaire des collections impose un renouvellement des présentations et l’ouverture de nouvelles salles.

Dans les années cinquante, le travail de collecte reprend sous l’impulsion de Charles Galtier (1913-2004) et Jean-Maurice Rouquette. Les collectes systématiques sont engagées sur des thèmes étudiés par des chercheurs proches du Comité du Museon Arlaten ou à partir d’enquêtes menées notamment par le Musée National des Arts et Traditions Populaires.

La collecte aujourd’hui

Depuis 1991, Dominique Séréna-Allier, le conservateur du Museon Arlaten, précise le cadre scientifique d’une collecte désormais organisée en deux volets étroitement complémentaires. Le premier concerne l’enrichissement du patrimoine ethnographique conservé depuis un siècle, l’accroissement des fonds existants mais aussi le comblement des lacunes.

Le second volet aborde la société et la culture en Provence aujourd’hui. Il permet de constituer un patrimoine à partir des comportements, des représentations mentales des gens de cette région dès lors qu’ils réinterprètent le passé, recomposent leur histoire ou réinventent des traditions.



Tarasque de procession