Lieux d’une mémoire encore souvent méconnue, les ateliers SNCF ont joué un rôle majeur dans la vie et l'imaginaire des Arlésiens, entre 1843 et 1985. Autrefois oubliés par le Museon Arlaten lors de son projet de constitution d’un patrimoine provençal, ils apparaissent aujourd’hui comme un pan incontournable de l’histoire locale, dont il semble urgent de garder une trace. Ils accueilleront en outre prochainement les collections non exposées du Museon, au sein de son Centre d’Etude de Restauration et de Conservation des Œuvres, installé dans l’ancien Atelier des Roues. En 2003-2004, une recherche historique menée par Maëlle Quéré a posé les fondements d’une étude du monde ouvrier, et plus particulièrement cheminot, de la ville d’Arles. En 2005, les photographes David Huguenin et François Deladerrière ont interrogé le site des ateliers, croisant deux regards et deux techniques – le numérique et la chambre photographique – sur un espace en attente de transformation. Ces approches sont complétées depuis 2007 par une importante enquête de terrain menée par l’ethnologue Kristel Amellal, visant à collecter la parole de ceux qui ont fait vivre les ateliers.
Reines d’Arles
Créée en 1930 pour célébrer le centenaire de la naissance de Frédéric Mistral, l’élection de la reine d’Arles est depuis l’origine liée aux thématiques du Museon Arlaten. Plus de soixante-quinze ans après, le musée interroge cette pratique, afin de comprendre son rôle dans la société provençale actuelle. Un travail en archives réalisé en 2006 a permis de mettre à jour et d’analyser des données aujourd’hui éparpillées. 2008, année d’élection de la 20ème reine d’Arles, a servi de cadre à une enquête de terrain réalisée par Florie Martel, ethnologue travaillant caméra au poing. En 2009, l’étude s’attache désormais à suivre les premiers temps du règne de la lauréate et de ses demoiselles d’honneur, ainsi que de leur entourage proche. Dans son prolongement, cette recherche s’intéressera également aux « héritières » de la reine d’Arles dans les villages alentours.