Visuel principal
La vitrine de la transhumance

LE MUSÉE DES ANNÉES 1970, LUMIÈRE SUR LES ARTS ET TRADITIONS POPULAIRES

Chapeau
Le quatrième temps de l’exposition permanente rend compte de la
«nouvelle muséologie», initiée après-guerre par Georges-Henri Rivière («G.H.R»),
et qui révolutionna le monde des musées d’ethnographie.
Sous son impulsion, les années 1960 voient le renouvellement de la discipline
ethnographique et de ses mises en scène dans les musées, où l'on "fait parler les objets".
Corps
Evocation du gardian
Un gardian, présenté selon les normes muséographiques de Georges-Henri Rivière. CD13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
Un gardian, présenté selon les normes muséographiques de Georges-Henri Rivière. CD13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand

Ce quatrième temps évoque la muséographie des années 1960 à 1980 qui, dans le droit fil de l’effervescence intellectuelle de l’après-guerre, constitue l’âge d’or des arts et traditions populaires. Sur la base d’ enquêtes de terrain, il s’agit de mettre en valeur l’usage des objets et les gestes qui les accompagnent, de donner la parole à ceux qui les utilisent et de replacer ces pratiques dans leur profondeur historique.

Si l’ambition est de témoigner des relations des hommes avec leur milieu naturel, il s’agit aussi de prendre en compte le visiteur dans son interaction avec l’exposition. Dans les galeries du nouveau bâtiment du Musée National des Arts et Traditions Populaires à Paris, ouvertes en 1972 et 1975, Georges-Henri Rivière réinvente l’art de mettre en scène les objets ethnographiques. Ses techniques d’exposition sont inspirées du théâtre : fond noir, éclairage scénique, silhouettes figurées sans l’artifice des mannequins. Pour diffuser cette muséologie nouvelle, Rivière travaille en étroite collaboration avec les musées régionaux, dont le Museon Arlaten. Dans ce Temps 4, un troupeau de moutons, l’élevage des taureaux, un atelier de fabrication de paniers sont autant de mises en scène évoquant ces recherches et collaboration.

LA CABANE CAMARGUAISE

On sait peu de choses de la cabane camarguaise – jusqu’à présent et sans doute à tort baptisée « cabane de gardian » - installée à la fin des années 1940 au Museon Arlaten. Néanmoins, il semble que ce soit Fernand Benoit, archéologue de formation et conservateur du Museon Arlaten à partir de 1934, qui soit à l’origine de ce projet, influencé par les grandes enquêtes sur l’architecture rurale lancées depuis Paris par le Musée national des Arts et traditions populaires pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le choix fait pour sa nouvelle présentation au public est en revanche très contemporain, mêlant histoire et poésie. Grâce à un travail méticuleux de Cinémagraphic associant peinture, animation, projection sur volumes et bande son immersive, la cabane du Museon Arlaten semble reprendre vie. Cette création visuelle et sonore permet d’appréhender les divers usages des cabanes qui, depuis le XIXe siècle, émaillent le paysage camarguais : à l’origine habitats temporaires de saliniers, de vanniers, de pêcheurs ou de gardians, elles ont commencé à être réinvesties dans les années soixante-dix comme résidences secondaires pour les vacanciers.

La cabane de gardian avec projection sur le thème des saliniers
La cabane avec les projections de Cinemagraphic. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
La cabane avec les projections de Cinemagraphic. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
La cabane illustrée cette fois sur le thème du gardian
La cabane avec les projections de Cinemagraphic. Cette fois-ci, évocation de la vie des gardians. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
La cabane avec les projections de Cinemagraphic. Cette fois-ci, évocation de la vie des gardians. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
La cabane, version
Le mapping de Cinemagraphic sur la cabane Cd13- Coll. Museon Arlaten
Le mapping de Cinemagraphic sur la cabane Cd13- Coll. Museon Arlaten
La cabane, version sagneurs
LA cabane, au temps de la récolte de la sagne. Cd13- Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
LA cabane, au temps de la récolte de la sagne. Cd13- Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand

L’ELEVAGE DU MOUTON, LA TRANSHUMANCE, L’ELEVAGE DU TAUREAU ET LA VANNERIE

Le quotidien du berger est souvent très différent de son image idéalisée. Son travail est rythmé par les saisons et la transhumance. En Provence, l’histoire de l’élevage ovin est intimement liée à la plaine de la Crau, région de pâturages d’hiver. L’été, les bêtes estivent dans les Alpes. L’agneau de Crau est apprécié pour sa viande. Le mouton Mérinos est destiné à la production d’une laine réputée de qualité. La grande vitrine crée l’illusion d’une transhumance à pied d’un troupeau de moutons et évoque une ancienne vitrine du Musée National des Arts et Traditions Populaires de Paris.

La vitrine de la « bouvino » - bovin en provençal - présente les différentes activités liées à l’élevage des taureaux au fil des saisons. Bouvier à l'origine, le gardian devient héros de littérature et de cinéma, parfois proche de la figure du cowboy. Loin de cette fiction, son travail consiste en de nombreux travaux physiques, depuis la surveillance des troupeaux, à pied ou à cheval, jusqu’au marquage et à la sélection des bêtes en passant par des démonstrations de savoir-faire à l’occasion de festivités. De nos jours, les activités liées à l’élevage ont gagné en popularité. Les courses camarguaises, ainsi que les jeux taurins, restent synonyme de fête populaire.

En face, la vitrine de la vannerie illustre, entre autres, le concept de « chaîne opératoire » : elle donne à voir les étapes de fabrication d’un panier. Cette collection sur la vannerie et le mode d’exposition ont été élaborés grâce au travail de recherche mené par Charles Galtier en 1959 sur les vanniers de Vallabrègues, village gardois situé entre Arles et Avignon.

La vitrine de la vannerie.
La vitrine de la vannerie. Cd13- Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
La vitrine de la vannerie. Cd13- Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand