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Statuaire antique sur les murs de la première salle de la 1ere séquence

AUX ORIGINES DU MUSEON ARLATEN

Chapeau
À la fin du 19e siècle, partout en Europe l’industrialisation bouscule les sociétés traditionnelles et les cultures régionales. Les folkloristes craignent de les voir tout simplement disparaître et entreprennent d’en conserver les traces et la mémoire. En Provence, Frédéric Mistral fédère les énergies pour sauver et transmettre la culture dans laquelle il a grandi.
Corps

Mistral crée l’un des premiers musées d’ethnographie régionale, non sans réinterpréter et mythifier une culture provençale qu’il enracine dans l’Antiquité gréco-romaine. En 1899, son « Panthéon de la Provence » ouvre ses portes. Il le baptise Museon Arlaten (« musée arlésien » en provençal). Les trois salles du Temps 1 vous replongent dans le bain culturel de l’époque.

LA SALLE DE L’ANTIQUITE PROVENCALE 

A la fin du 19e siècle, l’archéologie est mise à contribution pour exhumer et valoriser les origines historiques et culturelles des nations européennes. Si la France met en avant l’empreinte gauloise, les érudits provençaux se réfèrent pour leur part à la civilisation gréco-romaine, considérée comme le ferment de leur identité régionale. Le décor de la salle, inspiré par les sites archéologiques méridionaux, et les moulages de sculptures antiques exposés, posent les fondements de cette construction identitaire, et complète la vision des vestiges de la cour.

La première Salle des Baromes, dédiée à l'antiquité gréco-romaine.
La première Salle des Baromes, dédiée à l'antiquité gréco-romaine. Cd13 - Coll. Museon Arlaten© Sébastien Normand
La première Salle des Baromes, dédiée à l'antiquité gréco-romaine. Cd13 - Coll. Museon Arlaten© Sébastien Normand
La table numérique de la Salle du Félibrige.
La table numérique de la Salle du Félibrige. Cd13 - Coll. Museon Arlaten© Sébastien Normand
La table numérique de la Salle du Félibrige. Cd13 - Coll. Museon Arlaten© Sébastien Normand

LA SALLE DU FELIBRIGE

Au milieu du 19e siècle, en Provence, nombre de passionnés souhaitent redonner ses lettres de noblesse au provençal, dont l’usage courant tend à se limiter, de plus en plus, aux classes populaires. Après plusieurs tentatives infructueuses au niveau régional, Frédéric Mistral et ses amis de l’école d’Avignon décident de se regrouper. Selon la tradition orale, c’est lors d’une réunion tenue au Château de Fontségugne le 21 mai 1854 que ces sept primadié donnent naissance à une association ayant pour but de défendre, illustrer et valoriser la langue et la littérature d’oc : le Félibrige.

« Le Félibrige est établi pour grouper et encourager tous ceux qui, par leurs œuvres, conservent la langue des pays d’oc, ainsi que les savants et les artistes qui étudient et travaillent dans l’intérêt de ces régions. » (Statuts du Félibrige, 1876)

 

Une table interactive permet dans cette salle d’explorer un florilège de la littérature provençale.

Parmi les langues de France, l'ensemble des parlers d'oc (provençal, languedocien, gascon, auvergnat, limousin), regroupés également sous le vocable langue d'oc ou occitan, présentent la particularité d'être écrits depuis le Moyen-Âge et donc de disposer d'une littérature riche et variée. En effet, les troubadours, souvent issus de la noblesse, ont largement contribué à faire émerger et vivre une littérature poétique, parfois iconoclaste et revendicative, très en avance pour l'époque. L'aire géographique concernée, très vaste, représente globalement la moitié sud de la France ainsi que quelques vallées d'Espagne et d'Italie. Nous nous intéressons ici plus particulièrement à la langue provençale parlée globalement de Nîmes à Nice et de Barcelonnette à Marseille, afin de montrer ses spécificités locales et les évolutions qui ont marqué son écriture jusqu’à l’émergence des normes mistralienne et occitane aux 19e et 20e siècles.

 

LA SALLE DE LA CREATION DU MUSEE 

Tout en œuvrant à la renaissance de la langue régionale, Frédéric Mistral entreprend un autre projet d’envergure : créer un musée. Ce « Panthéon de la Provence » doit permettre la conservation des traces matérielles d’une culture rurale traditionnelle menacée de disparition. Il confie à Emile Marignan, médecin féru de préhistoire et d'ethnographie, la constitution des premières collections. Une importante collecte, influencée par le Musée du Trocadéro à Paris, est organisée à partir d’un manuel. Apparaît aussi l'idée d'avoir recours à de véritables appels au peuple pour enrichir les collections du musée. Au centre de la salle, une grande vitrine présente les principes de cette première collecte et quelques-uns des plus remarquables objets collectés.

Le Museon Arlaten ouvre ses portes le 21 mai 1899. Dix ans plus tard, grâce à l’argent reçu pour son prix Nobel de littérature, Frédéric Mistral le déménage dans le monument actuel, plus vaste. Le lien affectif créé avec la population par le biais de la collecte –que le musée poursuit toujours, sous d’autres formes- ne s’est jamais démenti depuis.