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Le temps 5 et ses écrans

LE MUSÉE D'AUJOURD'HUI, HISTOIRES DE VIE ET POINTS DE VUE SUR LA PROVENCE CONTEMPORAINE

Chapeau
Depuis le début des années 1980, les musées d’ethnographie ne se définissent plus comme des lieux de certitude scientifique. Dénommés aujourd’hui « musées de société », ils traduisent les différents points de vue de la société et les expositions cherchent à interpeller le public.
Corps
Costume de Mandy Graillon, élue reine d'Arles en 2014
Costume de Mandy Graillon, élue reine d'Arles en 2014. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
Costume de Mandy Graillon, élue reine d'Arles en 2014. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand

Partie prenante de ces évolutions, le Museon Arlaten propose une nouvelle approche du territoire et questionne l’identité. Des ethnologues mènent des enquêtes auprès de la population provençale. L’expression des mémoires, la mise en scène de l’identité, les nouveaux usages des traditions sont autant de portes d’entrée vers la découverte d’une société dont les différentes composantes se réinventent sans cesse, s’affirment et se font écho.

Dans ce dernier Temps de l’exposition permanente, ce ne sont plus seulement les objets qui témoignent mais également les images, les films et les entretiens enregistrés. Tous dialoguent et se complètent. Le patrimoine ethnologique contemporain présenté ici se constitue au fil des enquêtes-collectes menées par le musée depuis plusieurs années.

Nous vous invitons à explorer les contenus des trois vitrines qui donnent à voir différentes facettes de la société provençale d’aujourd’hui. Les sujets abordés seront renouvelés régulièrement, au gré des nouvelles enquêtes menées par le musée.

 

LA FRESQUE NUMERIQUE

Une fresque numérique, signée Cinemagraphic, vous accompagne dans la visite de ce temps, consacré au contemporain. Elle résonne avec la projection immersive de la première salle, le Prélude. Cette projection sonore décompose et recompose des images de la Provence d’aujourd’hui, faisant écho aux collections et au patrimoine immatériel de la salle, kaléidoscope des modes de vie, des pratiques, des activités et des paysages du territoire.

Une vue de la fresque numérique du Temps 5
Anne Fourès, Cd13 - Museon Arlaten-musée de Provence
Anne Fourès, Cd13 - Museon Arlaten-musée de Provence
Vitrine "Jeux de boules" avec notamment le maillot du champion du monde de pétanque Marco Foyot
Anne Fourès, Cd13 - Museon Arlaten-muséee de Provence
Anne Fourès, Cd13 - Museon Arlaten-muséee de Provence

« CE JEU-LA FAIT PARTIE DE NOUS, LES PROVENÇAUX. »

Les archives historiques attestent un usage ancien des jeux de boules en Provence. La forme originelle de la « longue » ou « jeu provençal », mêlant course d’élan, équilibre et adresse, est supplantée au début du 20e siècle par une formule accessible à tous, sur une distance plus courte, à pieds fixes, à pèd tanca, expression provençale d’où vient le nom « pétanque ». Ce jeu se développe ensuite de manière considérable.

En 2023-2024, une enquête ethnographique s’est intéressée aux enjeux et valeurs des joueurs et des clubs, mettant en lumière la technicité de cette pratique et ses modes de transmission. Dans ce milieu imprégné de sociabilité masculine, on constate une présence plus importante des femmes, ainsi que des évolutions dues à la sportivisation. Entre pratique ludique et sportive, les jeux de boules restent intimement liés, dans l’imaginaire collectif, à un certain art de vivre provençal.

« VIVENT LES SAINTES MARIES ! VIVE SAINTE SARA ! »

Chaque année, des milliers de pèlerins affluent aux Saintes-Maries-de-la Mer aux mois de mai, d’octobre et plus récemment, de décembre. Ils vénèrent les reliques de Marie-Jacobé, Marie-Salomé, disciples de Jésus, ainsi que leur servante Sara, au cours des rituels catholiques de la descente des châsses et de la procession à la mer, rejouant la légende de leur arrivée en Provence. Frédéric Mistral a décrit en détail dans ses mémoires ce pèlerinage qu’il effectua au printemps 1855, en vue de son poème Mirèio.

Le « pèlerinage des Gitans » des 24 et 25 mai a fait l’objet d’une enquête ethnographique de plusieurs années. Elle a mis en lumière les pratiques de dévotion autour des saintes, les représentations qu’elles suscitent ou encore les différents enjeux d’un tel rassemblement.

« ON ETAIT FIER… » : MEMOIRES DES ATELIERS FERROVIAIRES D’ARLES

Entrés en service en 1856, les ateliers ferroviaires ont occupé une place importante, tant dans la ville que dans la société arlésienne. Etendus sur 12 hectares à l’entrée d’Arles, les ateliers ont compté jusqu’à 1800 employés et des dizaines de métiers : tourneurs, ajusteurs, électriciens, chaudronniers s’y sont côtoyés. Fermés en 1985, ils font partie intégrante de l'identité de la cité.
Entre 2007 et 2011, le Museon Arlaten recueille les témoignages de ceux qui y ont travaillé, parallèlement à la reconversion du site en espace culturel. Les ateliers ferroviaires d’Arles constituent un lieu ressource pour l’histoire de la révolution industrielle et du savoir-faire technique.

« POPLE D’ARLE, VEICI TA REINO !»

Depuis 1930, sont désignées – d’abord pour quatre ans, et maintenant trois – la reine d’Arles et ses demoiselles d'honneur. Jeunes filles portant le costume arlésien, elles sont distinguées par leur capacité à mettre en valeur les traditions locales. Elles incarnent la sauvegarde de valeurs culturelles et morales héritées d’un passé mythifié.
Entre 2008 et 2014, trois ethnologues se sont intéressées à ce milieu de passionnés, des coulisses de l’élection aux associations de « maintenance » du costume à Arles et dans les villages alentours. Ce travail dresse le portrait d’individus en quête de leur propre culture, qui reconstruisent et font vivre une tradition au présent. Dans une société mondialisée, l’Arlésienne contemporaine représente à la fois un idéal de féminité et une résistance à l’effacement des particularismes.

UN TERRITOIRE, DES IDENTITES : COMMENT COLLECTER AUJOURD’HUI ?

Collecter le patrimoine contemporain de la Provence invite à explorer les identités choisies, revendiquées ou simplement vécues par celles et ceux qui habitent le territoire.

Que signifie « être d’ici » dans une société mondialisée ? Comment s’expriment et se croisent les appartenances culturelles, sociales, géographiques, professionnelles ?

 Dans cette vitrine, des histoires de vie se racontent en mots, en objets et en images, dévoilant diverses façons de se sentir provençal. L’identité est plurielle, mouvante et se révèle à travers toutes les facettes de ce kaléidoscope.

Le temps 5
Anne Fourès, Cd13 - Museon Arlaten-musée de Provence
Anne Fourès, Cd13 - Museon Arlaten-musée de Provence