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Diorama de l'accouchée Bandeau CMJN

LE MUSÉE DES ANNÉES 1900. LA PROVENCE SELON FRÉDÉRIC MISTRAL

Chapeau
Quand il ouvre ses portes à la fin du 19e siècle, le Museon Arlaten fait sensation auprès de ses premiers visiteurs. Ils y découvrent, au gré des salles imaginées par Frédéric Mistral, une Provence idéalisée et mythique, reflet de l’intérêt des folkloristes pour une culture perçue comme préservée des bouleversements de la modernité.
Corps

Scènes de la vie quotidienne, activités sur le Rhône et la mer, fêtes et croyances sont explorées à travers d’étonnantes reconstitutions peuplées de mannequins grandeur nature et des mises en scène accumulatives héritées des expositions universelles et du musée d’Ethnographie du Trocadéro. La culture régionale est ainsi célébrée par d’innovantes présentations muséographiques qui ont été conservées et témoignent aujourd’hui encore du Museon Arlaten de Frédéric Mistral.

Cinq espaces vous permettent d’explorer ces premiers temps du musée. Les « Fenêtres de l’histoire » vous accompagne dans ce parcours, présentant en video les principaux jalons culturels et sociaux de l’aube du 20e siècle.

 

LA GALERIE DES DIORAMAS

Le Museon Arlaten est conçu comme « un poème pour ceux qui ne savent pas lire » et un musée de la « vie vivante ».  A ce titre, les deux dioramas font forte impression sur les visiteurs. « La visite à l’accouchée » et « La veillée de Noël » dans un mas incarnent les souvenirs d’enfance de Frédéric Mistral, célébrant sa région et sa culture natales.

L’échelle grandeur nature, les mannequins archétypaux, la mise en scène étudiée, la narration ethnographique de traditions présentées comme séculaires (les relevailles, le Cacho-fiò...) tout dans cette illusion muséographique contribue à forger l’image d’une Provence idéale et éternelle. Les dioramas sont aussi un lieu de rendez-vous émouvant pour tous ceux qui ont connu le musée d’antan.

 

La veillée calendale, ainsi que les tablettes numériques et dispositifs tactiles qui l'accompagnent.
La veillée calendale, ainsi que les tablettes numériques et dispositifs tactiles qui l'accompagnent. CD13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
La veillée calendale, ainsi que les tablettes numériques et dispositifs tactiles qui l'accompagnent. CD13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
La Salle Rhône et mer
La Salle Rhône et mer. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
La Salle Rhône et mer. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand

LA SALLE DU RHONE ET DE LA MER

Le Rhône et la mer, tout un poème… en objets. Pour l'écriture de ses œuvres évoquant le monde des pêcheurs ou des mariniers du Rhône, Frédéric Mistral fournit un travail de documentation ethnographique. Le Poème du Rhône en est un des exemples les plus accomplis : il se traduit en objets dans une salle dédiée, dès l’ouverture du Museon Arlaten. Collectés sur les berges de la Méditerranée, autour de Marseille et le long du Rhône au sud de Lyon, ces objets témoignent d’activités traditionnelles de pêche, de navigation et de transport, supplantées ensuite par les bateaux à vapeur puis le chemin de fer. Cette salle, disparue depuis longtemps, a été recréée dans le cadre de la rénovation du Museon Arlaten, sur la foi de cartes postales anciennes.

Mais il faut tout de même préciser qu'à l'époque ne figurait pas le jeu sur tablette que nous vous y proposons désormais, le bien nommé Game of Rhône.

LA GALERIE CASTELLANE

Cette galerie expose les morceaux choisis d’une histoire locale telle qu’on se la représente au 19e siècle. Elle met en valeur les éléments censés fonder la spécificité et le génie de la région, tels que les héros provençaux et les sites remarquables du territoire, antiques et médiévaux. Au Museon Arlaten, on associe à ces hommes et monuments célèbres des Arlésiennes en costume local, célébrées pour leur beauté et présentées comme les héritières d’une culture puisant ses racines dans l’Antiquité.

« On raconte que Praxitèle […] rassembla dans son atelier trente des plus belles Arlésiennes qui lui fournirent, l’une un bras, l’autre une jambe, une autre une belle gorge, une quatrième la figure, et que de toutes ces perfections pétries ensemble, il en tira le merveilleux chef-d’œuvre qui fut la Vénus d’Arles. » (Louis Jacquemin, 1863)

La Salle Mistral
Dans la bibliothèque de Frédéric Mistral. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand
Dans la bibliothèque de Frédéric Mistral. Cd13 - Coll. Museon Arlaten © Sébastien Normand

LA SALLE FREDERIC MISTRAL

Figure charismatique de la seconde moitié du 19e siècle, Frédéric Mistral (1830-1914), fondateur du Museon Arlaten, consacre sa vie à valoriser sa Provence natale. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages publiés en provençal, sa langue maternelle, et en français. Son œuvre est traduite dans le monde entier. Il s’essaie à de nombreux genres : poèmes, épopées, contes, récits autobiographiques, théâtre, articles de journaux, travaux lexicographiques. Militant culturel, il devient le héraut des Provençaux. Il est, en 1904, le premier écrivain à recevoir le prix Nobel de littérature pour une œuvre en langue régionale. Cette salle permet de retracer toute sa vie, à travers sa bibliothèque et ses objets personnels, ses œuvres lues par des comédiens et l’évocation de l’empreinte durable de son legs culturel.

LA SALLE FESTADIERO

La salle, foisonnante, des fêtes, rites et légendes… Au 19e siècle, la vie des Provençaux est rythmée par le calendrier des fêtes civiles et religieuses. Charivaris, danses, jeux, pèlerinages et processions sont autant de manifestations qui suscitent l’intérêt des folkloristes. De l’enquête d’envergure menée en 1820 par le préfet Christophe de Villeneuve à la collecte de Frédéric Mistral, la mémoire de ces rituels parfois disparus a été conservée. L’accumulation organisée de ces objets offre un inventaire des fêtes et croyances populaires de la Provence rurale de l’époque.

Vous retrouverez dans cette salle le témoignage des fêtes de la Saint-Eloi, avec ses charrettes si richement décorées, de la Fête-Dieu, de Carnaval, de la Tarasque (avec son spectaculaire dragon amphibie) mais aussi une exploration des rituels guérisseurs, une collection de santons, des reliquaires, de sublimes Beatiho (scènes religieuses miniaturisées dans de magnifiques écrins vitrés), sans oublier la culture judéo-comtadine et, tout à la fin, la « vitrine qui chante » exploration interactive du patrimoine musical populaire de la Provence…

La Tarasque, dans la Salle Festadiero.
La Tarasque, dans la Salle Festadiero. Cd13 - Coll.Museon Arlaten © Rémi Benali
La Tarasque, dans la Salle Festadiero. Cd13 - Coll.Museon Arlaten © Rémi Benali